Collectif des écuries de Boigne

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août 2021 13 14:36

Collectif des écuries de Boigne

Message par OnStage

Mr Mondialisation relaie le témoignage du Collectif des écuries de Boigne qui a été violemment expulsé d'un centre culturel autogéré à Chambéry. Un centre qu'ils avaient crée pour venir en aide aux personnes et associations précaires :

Un collectif d'artistes, d'intermittent.es, et plus largement de citoyen.nes de tous milieux a occupé et fait vivre les écuries de Boigne situées à Chambéry de mai à fin juillet 2021. Suite au mouvement national d'occupation des théâtres de mars à mai 2021, le collectif a décidé d’ouvrir au public (illégalement dans un premier temps) un bâtiment municipal de 2000m² classé bâtiment de France, laissé à l’abandon depuis mai 2020, afin de répondre à l'urgence et aux besoins des citoyen.nes et associations précaires d'avoir un lieu alternatif autogéré.

En deux mois seulement, le collectif a réussi à créer un centre social et culturel autogéré basé sur la solidarité, la récup' et le recyclage, le multiculturalisme et l'éducation populaire. Cette occupation a réuni des centaines de personnes lors d'activités très variées : concerts, spectacles, ateliers, agoras, cantines populaires, maraudes... Mais elle a aussi permis des échanges de connaissances comme par exemple : le travail du bois, l’herboristerie, le développement de photos argentiques, la forge qui avait été installée, les chantiers participatifs, les cours d'auto-défense, la création d'un potager (heureusement les CRS n'y ont pas touché durant l'expulsion, il y a donc toujours plein de légumes qui poussent en accès libre !).
Un énorme free-shop a été mis en place, une cabane à livres a été construite -toujours en place à l'extérieur- et des récups' alimentaires ont été revalorisées pour lutter contre le gaspillage.

La nouvelle municipalité de Chambéry, en place depuis peu et se revendiquant du mouvement citoyen et de gauche, n'a pas répondu positivement au projet. Ni n'a apprécié la démarche militante de proposer, dans un bâtiment municipal laissé vide et sans projets, des activités aussi variées qu'accessibles (humainement et financièrement) ce qui manquait cruellement sur Chambéry. L'occupation, certes illégale au départ, pouvait tout à fait être régularisée et pérennisée.

Malgré plusieurs rencontres du collectif, à l'initiative de celui-ci, avec des groupes d'élu·es -bien qu'ils disent soutenir le projet sur le fond-, la mairie n’a pas voulu trouver d’accord étant donné qu'iels avaient déjà engagé une procédure d'expulsion d'urgence quasiment dès le début de l'occupation.

Le tribunal administratif de Grenoble a jugé l'expulsion du collectif des écuries le 13 juillet avec un délai de 8 jours au lieu de 48h comme le réclamait la mairie.
Le préfet de Savoie a donc ordonné l'expulsion du squat des écuries le mercredi 28 juillet au matin à 6h30.
Une compagnie de 130 CRS accompagnés de la BAC et des policiers municipaux, ainsi qu'un camion-cellule et des pompiers, ont été déployés sous les yeux des élu.es peu bavard.es afin de déloger les occupant.es.

Un dispositif démesuré pour RIEN.

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En effet, les occupant.es avaient collectivement choisi qu'il n'y aurait personne à l'intérieur lors de l'expulsion. Après avoir défoncé une porte qui ne les a menés nulle part et tenté d'en défoncer deux autres à coups de bélier, les CRS sont finalement passés par la seule fenêtre laissée ouverte.

Une trentaine de personnes étaient devant pour manifester contre l'expulsion. Durant celle-ci, une des manifestante a demandé où étaient les RIO des policier.ères, qui, ne répondant pas à sa question, ont commencé alors les contrôles d'identité directement dans la foulée. Refusant ainsi silencieusement d'admettre qu'iels opéraient en dehors du cadre légal.

Le collectif s'étonne d'un tel déploiement de la force pour déloger une quinzaine de personnes d'un centre culturel autogéré par des citoyen·nes qui portaient un projet de solidarité, de création et de partages.

Aucun.e blessé.e ni interpellation du coté des occupant.es, du coté des FDO, un policier mordu par un chat (complètement effrayé par les coups de béliers) lors de l'expulsion.

Les écuries prônaient à leur échelle une révolution sociale, culturelle, écologiste et libertaire avec un lieu alternatif accessible à tous et toutes.

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